Suis je paranoïaque ?

Parfois, j’entends des gens parler derrière mon dos, ricaner, je me sens menacé, j’ai l’impression qu’ils se moquent de moi, qu’ils essaient de m’exclure. Quand je marche tout seul le soir, j’ai l’impression d’être surveillé, je suis tout le temps sur mes gardes, au travail comme à la rue.
Nous sommes tous passés par ce genre de situation, se sentir jugé à chaque fois qu’une personne nous regarde, se sentir visé à chaque fois qu’une personne chuchote, se sentir ridiculisé à chaque fois qu’une personne rigole, être incapable de réagir, en se posant la question « Suis-je parano ? »

Dans la  paranoïa, vos peurs s’amplifient, et chaque personne que vous rencontrez se fait prendre dans cette toile, vous devenez le centre d’un univers menaçant.

Une autoprotection positive :

C’est de la parano dans un sens positif, être attentif à ce qui nous entoure peut servir à améliorer les relations sociales, en relevant les signes négatifs, éclaircir les malentendus et éventuellement régler les problèmes de la relation.

La parano excessive :

La parano qui permet d’identifier une difficulté est saine. La parano qui consiste à se sentir attaqué en toutes circonstances ne l’est plus. L’individu vit dans une sorte d’inquiétude permanente, toujours sur la brèche. C’est un état d’insécurité constante.

L’origine peut être un sentiment de culpabilité, d’infériorité, ou, à l’inverse, un sentiment de supériorité.
Dans les deux cas, depuis sa sphère, l’individu trouve une logique à ce qu’autrui s’en prenne à lui.
Il se retrouve constamment sur la défensive, attendant une agression, et du coup, il la voit partout.

Quand ça nuit à la relation à autrui :

Cette paranoïa là, en plus de nous rendre malheureux, est un véritable handicap social.
Le parano perd la capacité d’être objectif, il n’arrive plus à y voir clair, à interpréter les messages d’autrui. Nous sommes tous plus ou moins paranos, en fonction des hauts et des bas de la vie, certains facteurs comme le stress peuvent être particulièrement aggravants, mais, nous sommes parfois authentiquement menacés, cependant, le problème commence lorsqu’on passe de la réaction, à la surréaction.

Suis-je trop parano ?


Il est très difficile de répondre à cette question par soi-même. Il faut se poser, prendre de la distance, et essayer d’y voir clair. Est-ce que « fléne » ou « fléne » à des raisons objectives d’être hostile ou est ce juste une impression ?

Votre parano est elle limitée à un seul endroit (Lieu de travail, d’études…) ou a-t-elle gagné aussi votre cercle d’intimes (Familles, couple, amis proches) avec qui la méfiance n’a normalement pas lieu d’être ?

Tant que votre paranoïa n’est pas généralisée à tout ceux qui vous approchent, tant que c’est un état passager, vous pouvez y voir plus clair en en parlant avec une personne de confiance, non impliquée dans les circonstances qui vous inquiètent.
Si vous vous sentez vraiment parasité par ce fonctionnement, il faut faire le point avec un professionnel qui saura vous aider sans risquer de renforcer vos réflexes de suspicion.

Le délire paranoïaque ou la parano pathologique :

Bien au-delà de la méfiance, même exacerbée, le délire paranoïaque est une maladie psychiatrique qui appartient au champ des psychoses, des troubles qui se caractérisent par une déconnexion du réel, la personne atteinte n’étant même pas consciente de son propre état.
La maladie se manifeste par l’apparition d’un délire (une perte de contact avec la réalité), en général organisé autour d’un thème de persécution. La personne est gravement malade, potentiellement dangereuse. La cause du délire paranoïaque n’est pas connue. Il peut prendre la forme d’une jalousie maladive ou d’une fixation, c’est ce que l’on appelle l’érotomanie, sur un individu (souvent célèbre).
Le délire paranoïaque relève alors d’un traitement psychiatrique et d’une prise de médicaments neuroleptiques pour atténuer le délire.

A savoir : une personne qui souffre d’une psychose paranoïaque ne se demande pas si elle est parano.

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