Infarctus du myocarde : ce que vous devez savoir

Qu’est-ce que c’est ?

L’infarctus du myocarde est la mort (nécrose) d’une zone plus ou moins étendue du muscle cardiaque (myocarde). Les cellules musculaires cardiaques de ce territoire ne parviennent plus à se contracter par manque d’apport en oxygène et meurent en quelques heures.
Le myocarde est vascularisé par les artères coronaires. Lorsque celles-ci se bouchent (caillot, thrombose ou spasme), le myocarde ne reçoit plus de sang et manque d’oxygène. Il souffre d’ischémie .

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La gravité de l’infarctus tient surtout à son étendue : plus l’artère obstruée irrigue une zone importante, plus l’infarctus est grave. Si l’atteinte est très étendue, le fonctionnement de toute la pompe cardiaque est altéré. Il en résulte une insuffisance cardiaque plus ou moins aiguë, des contractions anormales ou anarchiques qui imposent le transfert dans une unité de réanimation car il y a un risque vital.

Infarctus du myocarde : plus de 25 000 morts par an en Algérie

Les maladies cardiovasculaires sont les pathologies les plus meurtrières dans notre pays et pourtant la prise de conscience, contrairement au cancer, est très limitée.
En effet, ces pathologies, particulièrement l’IDM, ont été responsables de plus de 25 000 morts en 2013, deux fois plus que le cancer. Ce qui fait de ces pathologies un drame sanitaire terrible mais hélas toujours silencieux pour l’opinion publique et le politique, malgré les cris d’alerte répétés des spécialistes.

Les chiffres avancés par les spécialistes sont implacables : plus de 2000 morts chaque mois à cause de l’IDM seulement. 25% des malades meurent avant même d’arriver à l’hôpital.

MAIS,

L’infarctus n’est pas une fatalité. Il résulte souvent de plusieurs facteurs de risque cumulés et non surveillés pendant des années : le tabagisme, un excès de cholestérol, du diabète, une tension artérielle trop élevée. Si chacun est potentiellement dangereux, leur accumulation fait courir un risque multiplié au coeur.
Adopter une bonne hygiène de vie dès le plus jeune âge, ou renoncer à de mauvaises habitudes, c’est protéger son coeur et vivre plus longtemps, en bonne santé.

La prévention, c’est efficace !

Pas moins de 60 % des infarctus sont dus à des facteurs de risque récurrents, identifiés de tous. On sait qu’agir sur ces facteurs, même tardivement, permet de prévenir leur apparition ou leur aggravation et donc d’éviter ou de retarder la survenue de l’infarctus.

Ne pas fumer ou arrêter de fumer

Le tabac favorise la constitution de plaques d’athérome dans les artères coronaires, pouvant entraîner leur occlusion et donc l’infarctus. C’est le facteur de risque qui frappe le plus tôt : avant 45 ans, 80 % des victimes d’infarctus sont fumeurs. Le risque est présent même chez les « petits fumeurs » : 1 à 5 cigarettes par jour augmentent le risque d’infarctus du myocarde de 40 % et le risque quadruple au-delà d’un paquet par jour.

Manger varié et équilibré afin de réduire le taux de mauvais cholestérol et diminuer les risques de diabète

Le cholestérol est une graisse naturelle indispensable à l’organisme, qui prend deux formes différentes :

Le bon cholestérol (ou HDL-cholestérol) permet l’élimination du cholestérol de l’organisme . Il est normalement compris entre 0,40 et 0,60 g/litre de sang.
Le mauvais cholestérol (ou LDL-cholestérol) en excès se dépose lui dans les artères du coeur, pouvant entraîner un infarctus du myocarde. Il doit être compris entre 1 et 1,6 g/litre de sang.

Le taux de cholestérol total à ne pas dépasser : 2 g/litre de sang.
Le diabète est un facteur de risque d’infarctus déterminant. Il est favorisé par le surpoids, la sédentarité et l’hérédité. Il se manifeste par un taux de sucre (ou glycémie) trop élevé dans le sang qui entraîne une atteinte progressive des artères.
Un indice de glycémie au-delà de 1,26 g/litre de sang, mesuré à deux reprises, le matin à jeun, indique un diabète.

 

Dépister et soigner une éventuelle hypertension artérielle

Une tension artérielle au-delà de 14/9 indique une hypertension artérielle.

A savoir : le chiffre le plus élevé correspond à la pression systolique (le coeur se contracte et propulse le sang dans les artères) et le chiffre le plus bas, à la pression diastolique (le coeur se relâche et se remplit du sang provenant des veines).
Si elle n’est pas soignée, cette maladie favorise le développement de l’athérome dans les artères qui finissent pas se boucher et par provoquer un infarctus du myocarde.
L’interprétation des chiffres peut varier en fonction de chaque personne et de ses facteurs de risque. Dans tous les cas, il est important de demander l’avis de son médecin.

Bouger !

L’exercice physique aide à la dilatation des artères qui entourent le coeur et fait ainsi reculer le risque d’infarctus. Cela contribue aussi à diminuer les risques de diabète, d’hypertension artérielle et d’excès de cholestérol. Pratiquer une activité physique régulière, au moins 3 fois par semaine, est donc déterminant pour protéger son coeur.

« La prévention est l’affaire de tous et de tous les jours. Le cardiologue a un rôle d’information sur les facteurs de risque et de conseil personnalisé auprès du patient. C’est ensuite au patient de prendre sa santé en main ! » conclut le professeur Daniel Thomas, cardiologue.

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